78592270muraille-chine-jpgConnu dans les temps anciens sous les noms de :

« DAO YIN TUNA»: (Dao : diriger le flot de Qi; Tuna : respiration) ou
« YANG SHENG » (nourrir la vie),

Le Qi Gong ou Gymnastique Énergétique Chinoise trouve son origine en Chine, il y a plus de 5000 ans.
Cet art de santé et de longévité a été élaboré, au fil des siècles, par d’anciens chinois qui vivaient en osmose avec la nature. A cette époque, les hommes communiquaient naturellement avec les éléments . Ils ont ainsi développés un ressenti subtil leur permettant d’adapter le corps humain à leur environnement. Progressivement, les érudits chinois (médecins, philosophes et scientifiques) ont ensuite établit un ensemble d’exercices précis visant à maintenir l’équilibre homéostatique dans le corps, et, entre le corps, l’esprit et les éléments extérieurs leur assurant santé et longévité.

 

Quelques dates…

800px-LijiL’origine du Qi Gong remonterait à l’âge de pierre soit entre 10.000 et 4000 ans. Les anciens chinois avaient pour coutume de danser en imitant les mouvements des animaux avant de partir à la chasse ou à la cueillette les premiers mouvements du Qi Gong peuvent être décrits comme étant :

  • Monter
  • Regarder dans diverses directions en tournant la tête
  • Bondir/sauter
  • Bouger les membres supérieurs
  • Le tout conjugué avec des méthodes respiratoires.

 

Cependant, les premières traces écrites sont plus récentes.

20120316163002-Yi-King

2400 av. JC apparaît :

Le Livre des « Mutations » ou  » Yi King » :

Manuel de divination qui fait intervenir la globalité des éléments et des variations de la nature. Les forces naturelles y sont présentées par huit trigrammes fondamentaux, qui en se combinant, forment soixante quatre hexagrammes.
Il est donc courant de trouver ces figures dans la Gymnastique Chinoise notamment dans la description de la circulation du Qi à travers le corps.

Entre 770 et 476 av. JC:taotek10

Selon la légende Lao Tseu , philosophe , lassé de la corruption des hommes, serait parti de la ville a dos de buffle. A la sortie de la ville, il aurait rencontré le gardien et lui aurait dicté le « Tao Te King » ou « Canon de la voie et de sa vertu ». Dans ce classique, il décrit différentes techniques de respiration permettant d’augmenter le flux de Qi. Cet ouvrage est le premier à faire mention de méthodes respiratoires pour augmenter la circulation du Qi et accroître la longévité.

Zhuangzi2Entre 400 et 230 av.JC :

Zhuang Zhou, penseur chinois rédige « Le classique véritable du Sud de la Chine »ou « Zhuangzi » et y décrit des exercices de santé

En 380 av.JC :

On découvre une relique de jade avec 45 caractères que l’on peut traduire ainsi : « Inspire profondément et dirige le Qi vers le bas pour fixer et consolider. Puis expire comme une plante qui germe et pousse vers le ciel. Alors le Qi montera et descendra comme le ciel et la terre bougent, conformément aux lois de la vie; autrement la mort arrivera ». Cette description respiratoire est à la base de la respiration profonde de base du Qi Gong

                                     En 23houa40 av.JC :

Sous la direction du ministre de l’époque est rédigé un des plus anciens ouvrages chinois compilant l’ensemble du savoir de cette période et parlant du Qi Gong : « Annales du Printemps et de l’Automne de M°LU ».
On peut y lire qu’à cette époque, il y eut beaucoup d’inondations et de pluies causant des maladies et des contractions tendino-musculaires dues à la stagnation du Qi. Une phrase de cet ouvrage dit : « alors la danse fut utilisée pour aider la bonne circulation du Qi et du sang ».
Cela signifie que les toutes premières formes de Qi Gong étaient des danses chamaniques qui servaient à guérir les maladies. Les formes savantes furent crées plus tard.
Il est intéressant de noter que parmi de nombreuses formes de Qi Gong parvenues jusqu’à nos jours, beaucoup représentent des mouvements dynamiques qui se caractérisent par la grâce et des gestes doux comme dans la danse.

Huang-Di-neijingEntre 475 et 221 av. JC apparait :

Le Huangdi Nei Jing (黄帝内经) ou Classique interne de l’Empereur Jaune .

Il se divise en deux parties : le Su Wen et le Ling Shu. C’est le plus ancien ouvrage de Médecine Chinoise, considéré comme la « bible » de l’acupuncture.Tous les aspects de la médecine y sont abordés, avec leur traitement, et plus particulièrement le traitement par acupuncture. La rédaction de l’ouvrage est attribuée au mythique Empereur Jaune (Huangdi, XXVIIIe siècle av. J.-C.) et se présente comme un dialogue entre l’Empereur Jaune et son médecin et ministre Qi Bai. L’existence de cet empereur est mythique et on considère que l’ouvrage aurait pu être compilé durant la période couvrant les Royaumes combattants (-500 à -220) et la dynastie Han (-206 à +220) .

Tout au long de ces textes s’analysent les intrications de l’homme, microcosme, avec son environnement macrocosmique conformément à la conception taoïste. L’ouvrage étudie les dérèglements selon les saisons, les variations du teint, les subtilités des pouls, l’état des cinq organes, des cinq saveurs, des six énergies… Il précise le maniement de l’aiguille, et la pratique des moxas (technique de stimulation des points d’acupuncture par la chaleur), afin de rétablir l’harmonie du haut avec le bas, de l’intérieur avec l’extérieur.

Durant toute la période de 770 et 221 av.JC , le Qi Gong se développe dans la médecine chinoise mais également dans les grandes écoles de pensées : les taôistes, les confucianistes, les bouddhistes..

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De 221 av. JC à 400 ap. JC :

Plusieurs livres traitant du Qi Gong furent écrits :

  • Le « Nan King » traite l’utilisation de la respiration pour augmenter le Chi
  • Le « Han Su Yi Wun » décrit quatre méthodes d’entraînement au QI GONG
  • Le « Gin Gueh Yao Liueh » traite de l’utilisation de la respiration et de l’acupuncture afin d’entretenir une bonne fluidité du Chi.
  • Le « Chou Yi Chan Ton Chi de Wei Bo Yang » traite des relations entre l’homme, le Chi et la nature.

Parallèlement la médecine se développe :

huatuo-704x214Les pratiques de dissection font avancer les connaissances anatomiques. La structure du corps humain et sa relation avec les méridiens et le système nerveux furent alors mieux compris.

Le Grand chirurgien de l’époque: Hua Tuo (110-207). Il constate également que la culture physique facilite la digestion et la circulation, et qu’elle fortifie le corps. Il invente l’exercice de gymnastique dit « JEU DES CINQ ANIMAUX » comprenant le tigre, le cerf, l’ours, le singe et l’oiseau.

000w6cw1 (1)L’Alchimiste de renom : Ge Hong (283-343).

Célèbre taoïste , il rédige plusieurs ouvrages dans lesquels il donne des conseils de médecine préventive pour prolonger la vie et éviter les maladies. Il développe deux techniques de longévité :

  • Daoyin (renforcer le Qi par des pratiques respiratoires visant à rejeter le « vieux » Qi pour accueillir le nouveau.
  • Fuqi (accroitre le sang par les aliments et la drogue).

 

En 1973, des archéologues découvrent dans la province du Hunan, sur le site de Mawangdhui , une tombe comprenant des rouleaux de soie et de bambou produits entre -208 et 8 ap. JC.

Parmi les rouleaux de soie, il y a deux chapitres qui traitent du Qi Gong :

2-2-8L’un décrit les maladies traitées par la respiration et la conduite du Qi ainsi que des méthodes de pratique.

L’autre est un atlas de Daoyin comprenant 44 dessins montrant divers mouvements avec des légendes sous chacun. On trouve dans cet atlas:

  • Des dessins concernant les maladies ou symptômes suivants : douleurs aux genoux, arthrite, surdité, irritabilité
  • Des dessins de mouvements imitant les animaux et pour assouplir les articulations
  • Des dessins combinant des mouvements articulaires et des respirations
  • Des dessins décrivant une combinaison de postures dynamiques et statiques incluant la conduite du Qi par la concentration de la pensée, la respiration, des mouvements articulaires et des paroles.

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 Entre 502 – 557:

Un moine indien et bouddhiste Da Mo plus connu sous le nom de Bodhidharma arrive au temple de Shaolin et constate le piètre état de santé et le peu de capacités physiques des moines de ce temple. Après neuf ans de méditations pour résoudre le problème il rassemble des exercices connus sous la forme de Wai Dan (Qi Gong externe-interne) utilisant la concentration pour développer localement le Qi et en augmenter la circulation. Les moines qui appliquèrent ces techniques constatèrent très vite qu’elles augmentaient leur puissance. Cet entraînement fut alors intégré à la pratique des formes martiales. Il s’agit de la première application connue de la Gymnastique Chinoise dans ce domaine.

 Entre 960 – 1279:

Yue-Fei-croquisSur la montagne de Wu-Dan, Chang San Fen crée le Tai Qi Quan.
C’est une forme martiale de Nei Dan Qi Gong qui développe l’énergie dans le Dan Tian pour ensuite être utilisée dans une application martiale.

Entre 1368 – 1911:

Plusieurs travaux sur le Qi Gong furent publiés :

  • le « Chi Ling Ba Mei Kou » expose la relation entre Qi Gong et méridiens
  • le « Bao Shen Mi Yao » couvre le QI GONG en mouvement et le QI GONG immobile.
  • le « Yuang Shen Huo Yu » expose comment préserver les « Trois Essences » : Jing, Qi et Shen.

De nos jours, les recherches sur les applications et les bienfaits du Qi continuent par le biais des médecins chinois et occidentaux, notamment dans l’application de l’acupuncture sur certaines pathologies ou maladies comme l’hypertension artérielle, le diabète de type 2, l’obésité, le cancer, le stress… .

D’autres styles martiaux et de Qi Gong se développent par le biais de pratiquants experts ou disciples de maîtres disparus.

Le Qi Gong actuel est le fruit de la pratique de millions de pratiquants depuis plus de 2500 ans. Il comprend à la fois des éléments venant du chamanisme antique, des exercices de Daoyin créés par les médecins, les lettrés et les nobles mais aussi les apport du yangsheng antique (hygiène de vie) et du neidan (l’alchimie interne taoïste). Les derniers apports datent du XX siècle et sont reliés aux politiques menées par les gouvernements chinois, républicain et communiste.